Pendant des décennies, le monde du travail a récompensé la spécialisation. Un diplôme pointu, une expertise reconnue, un parcours sans écart. Ce modèle est en train de se fissurer.
Les mutations technologiques, la complexité croissante des problèmes à résoudre et l’accélération des transitions économiques créent une demande nouvelle : des profils capables de naviguer entre les domaines, de relier l’information, de s’adapter vite. Des multipotentiels.
Ce que disent les études
Le World Economic Forum (Future of Jobs Report, 2025) place en tête des compétences les plus recherchées d’ici 2030 : la pensée analytique, la créativité, la flexibilité et la volonté d’apprendre en continu. Ces compétences ne sont pas attachées à un domaine. Elles sont transversales par nature.
McKinsey Global Institute estime que plus d’un tiers des tâches actuelles sera automatisé d’ici 2030, notamment les tâches répétitives et standardisées. Ce qui résistera à l’automatisation : le jugement complexe, la créativité appliquée, la coordination humaine. Là où les multipotentiels excellent.
La fin du CV mono-compétence
Les entreprises les plus innovantes recrutent déjà différemment. Google, Amazon, les grandes startups européennes : elles cherchent des « T-shaped profiles » (expertise profonde + largeur de vision) ou des « pi-shaped profiles » (deux zones d’expertise + transversalité). Ces profils ressemblent beaucoup aux multipotentiels.
En France, le Haut-Commissariat au Plan a publié en 2024 un rapport sur les métiers de demain qui identifie explicitement la « capacité à combiner des compétences issues de plusieurs domaines » comme un avantage compétitif clé.
Les secteurs qui valorisent le plus la transversalité
– La transition écologique : elle exige de relier ingénierie, économie, sciences sociales, communication
– L’IA et la technologie : les meilleurs développeurs sont aussi des penseurs systémiques
– La santé et le bien-être : médecine, psychologie, data, politique de santé se croisent de plus en plus
– L’éducation : la pédagogie moderne demande des profils qui combinent expertise disciplinaire et compréhension des apprentissages
– Le conseil et l’accompagnement : les meilleures réponses viennent de ceux qui comprennent plusieurs angles
Ce n’est pas la fin de la spécialisation. C’est la fin de la spécialisation exclusive. Les profils qui réussiront combinent une expertise réelle ET une capacité à la relier à d’autres domaines.
Comment se positionner
Pour une multipotentiel·le, la première étape n’est pas de se former à de nouvelles compétences. C’est de nommer et valoriser celles qu’il ou elle possède déjà. Le marché évolue dans son sens — mais si le récit ne suit pas, l’opportunité peut passer inaperçue.
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Questions fréquentes
De plus en plus. Les grandes entreprises et les PME innovantes l’identifient comme un atout. Les startups en ont fait un critère de recrutement. Le discours change. Ce qui reste à faire : apprendre à le formuler.
Oui — et parfois même avec un avantage. Un·e responsable capable de comprendre les enjeux de plusieurs départements, de parler à la fois aux ingénieurs, aux commerciaux et aux designers, est précieux. La transversalité est une compétence de leadership.


