Zone de génie vs zone d’excellence : la différence

 

On vous a souvent dit que vous êtiez «doublé» dans tel domaine. Qu’on pouvait compter sur vous. Que vous étiez le profil idéal pour ce poste, ce projet, cette mission. Et pourtant, quelque chose ne sonnait pas juste. Vous réussissiez — mais vous n’étiez pas vraiment vivant(e).

Cette sensation a un nom. Et comprendre d’où elle vient change profondément la façon dont on envisage sa vie professionnelle — surtout quand on est multipotentiel(le).

Les 4 zones selon Gay Hendricks

 

Dans son ouvrage The Big Leap, le psychologue américain Gay Hendricks décrit quatre zones dans lesquelles nous évoluons au fil de nos activités. Chacune correspond à un niveau d’alignement différent entre ce qu’on fait et ce qu’on est.

 

Zone

Ce qui se passe

Signal

Incompétence

On s’acharne sur des tâches sans talent ni plaisir

Frustration + épuisement

Compétence

On se débrouille correctement grâce à l’apprentissage

Neutralité — ni joie, ni souffrance

Excellence

On est performant, reconnu, applaudi… mais l’énergie ne circule pas toujours

Réussite + fatigue sourde

Génie

On fait ce qu’on est. Le temps s’étire, l’attention devient fluide

Énergie + sentiment d’être à sa place

Le piège de l’excellence

C’est le piège le plus sournois — et le plus fréquent chez les multipotentiels. On est capable de bien faire beaucoup de choses. Alors on le fait. On répond aux attentes, on obtient de la reconnaissance, on progresse.

Mais progressivement, quelque chose se tasse. L’énergie s’amenuise. On continue à bien faire — mais au prix d’un effort croissant. Ce que d’autres appellent «stabilité» ressemble de plus en plus, pour vous, à une forme d’étouffement discret.

Ce n’est pas de la paresse. Ce n’est pas de l’ingratitude. C’est la zone d’excellence qui vous retient captif — parce qu’elle est confortable, rassurante, valorisée. Et pourtant, elle n’est pas la vôtre.

Petit repère simple : ce qui vous épuise, même quand vous y réussissez, n’est pas votre zone de génie. Ce qui vou

Comment reconnaître sa zone de génie

Reconnaître sa zone de génie, c’est un peu comme essayer de se regarder dans le dos sans miroir. Ce qui est le plus évident pour les autres est souvent le moins visible pour soi. Parce que nos vrais talents ne se signalent pas par des fanfares — ils se cachent dans ce qu’on fait naturellement, sans effort.

Trois signaux pour l’identifier :

  • Ce qui vous semble facile, mais ne l’est pas pour tout le monde. Si vous avez déjà entendu «mais comment tu fais ça aussi simplement ?», vous avez probablement mis le doigt dessus.
  • Ce que vous apprenez plus vite que la moyenne. Quand un sujet vous passionne, vous n’avez pas besoin de motivation extérieure — vous plongez dedans, vous testez, vous expérimentez.
  • Ce qui vous énergie après, pas avant. Certaines activités vous vident, d’autres vous rechargent. Si vous ressortez d’une tâche fatigoué(e) mais heureux(se), c’est probablement une zone de génie.

 

Les retours extérieurs sont aussi précieux. Demandez à vos proches : «Quand tu penses à moi, qu’est-ce que tu trouves que je fais vraiment bien, presque sans effort ?» Les réponses peuvent surprendre.

Zone de génie et multipotentialité : une relation particulière

Pour un multipotentiel, la question de la zone de génie est plus complexe — et plus riche — que pour d’autres profils. Car il peut en avoir plusieurs. Et elles ne sont pas forcément dans le même domaine.

C’est là que réside souvent la confusion : on croit qu’il faut en choisir une. Qu’avoir plusieurs zones de génie, c’est encore une façon de se disperser. Mais c’est l’inverse.

Les multipotentiels qui trouvent leur équilibre ne choisissent pas une seule zone de génie — ils apprennent à tisser un sens commun entre elles. Ce qui les relie n’est pas un domaine, c’est une intention. Une manière d’être.

 

«La cohérence, ce n’est pas la constance : c’est la fidélité à soi-même.»

Un mini-exercice pour commencer

Pendant une semaine, notez chaque jour deux moments où vous vous êtes senti(e) énergisé(e) — même brièvement. Qu’étiez-vous en train de faire exactement ? Avec qui ? Dans quel cadre ?

 

Ensuite, repérez les dénominateurs communs : est-ce la relation, l’organisation, la résolution de problèmes, la transmission, la création ?

En fin de semaine, relevez votre trio de compétences-ressources : celles qui vous stimulent, vous ressourcent, vous donnent envie de recommencer demain.

Aller plus loin

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre zone d’excellence et zone de génie ?

Dans la zone d’excellence, vous réussissez grâce à des compétences acquises — mais l’énergie ne circule pas toujours. Dans la zone de génie, vous faites ce que vous êtes : le temps s’étire, l’attention devient fluide, vous ressortez énergisé(e) plutôt qu’épuisé(e).

Peut-on avoir plusieurs zones de génie ?

Oui — et c’est même fréquent chez les multipotentiels. L’enjeu n’est pas d’en choisir une, mais de comprendre ce qui les relie — une intention commune, une manière d’aborder les choses.

Comment sortir de la zone d’excellence sans tout quitter ?

En commençant par identifier ce qui vous énergie vraiment, puis en créant progressivement de l’espace pour ces activités — sans rupture brutale. La transition peut être graduelle, même si elle commence par un simple changement de regard sur ce que vous faites déjà.

La zone de génie correspond-elle forcément à un métier ?

Pas nécessairement. Elle peut correspondre à une façon d’être, une posture, un type de relation ou de contexte. Le travail consiste à identifier dans quelles conditions cette zone s’exprime — puis à chercher des environnements professionnels qui la favorisent.

À propos de l’auteure — Laetitia Choukroun est chroniqueuse TV, formatrice, conférencière et praticienne en bilans de compétences. Multipotentielle assumée, elle accompagne les profils aux parcours non linéaires via Pensée Libellule

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